26 mai 2009
Rendez-vous

(dessin Lisbeth Sismond)
Rendez-vous au fond des nuits
Quand l'oeil se ferme fatigué
Et que le corps démuni
Lentement se laisse aller
S'ouvre alors un autre monde
Que seul l'esprit peut traverser
Où les envies sont si fécondes
Que rien ne peut les arrêter
Rendez-vous au fond des rêves
Quand les images prennent vie
Que les cris de leur son crèvent
La frontière rouge des folies
C'est alors que les heures reculent
Pour cueillir chaque sensation
C'est alors que le temps bascule
Dans une autre dimension
Rendez-vous au fond des nuits
Dernier wagon de nuages blancs
Quand l'ombre du temps frémit
Sur l'arpège de nos avants
Rendez-vous au fond des rêves
Pour que se meurent nos tourments
Au moment où le jour s'achève
Mot de passe : arrêter le temps
17 mai 2009
Pousse le vent
La vie n'est qu'un parcours
A l'ombre des géants
Ceux qui poussent le vent
Et font lever le jour
Ont dit des mots qui collent
Aux lèvres labourées
Des soupirs qui s'envolent
Sur les toits enfummés
On écoute le silence
Dans la longueur d'une heure
Son bruit devient intense
En recouvrant nos peurs
On enserre nos poignets
Dans des liens inventés
Qui gardent le secret
De nos nuits parfumées
Mais que fait donc le vent
Il ratrappe le temps
Chantant il y a longtemps
Si longtemps que j'attend
La vie n'est que surprise
Aux regards étonnés
Les mains sont indécises
Et les pieds entravés
On grave sur nos corps
Les désirs du passé
Pour qu'ils tracent encore
Des lignes veloutées
On pousse si bien les heures
Pour ne pas regretter
Que l'aube et ses lueurs
Ne cessent de tourner
On apprend l'avenir
Comme un livre d'histoire
Esquissant un sourire
Car il est bon d'y croire
Mais que fait donc le vent
Il creuse l'horizon
Chantant il est grand temps
D'y puiser la raison
15 mai 2009
Du bleu au bleu
Ciel ! Que le bleu dérive
Et le noir chavire
J'entends le bruit d'une chaîne
Que j'avais savemment
Forgée de mes envies
Elle traine dans le sable
Qui lentement l'absorbe
Jadis c'était un jeu
Mais était-ce bien cela
Dans le fond de mes yeux
Les mots chuchotent parfois
Rumeur d'une langueur
Qui claque comme un fouet
Pourtant ma main est douce
Mon pied n'hésite pas
A enjamber les rêves
Le chemin paraît lisse
Mais est-ce que je piétine
Ou simplement j'avance
En écrasant les mots
Non je les veux intacts
Les instants bien remplis
Me servent de manteau
Je les porte sur moi
Et le bleu reprend vie
Le noir devient folie
Car au fond de mon âme
Je ne suis qu'une femme.
29 mars 2009
Que fais-tu
Que fais-tu le temps
Que fais-tu de ces heures
Qui s’étirent ou se posent
Qui reculent ou composent
Des pléiades d’amants
Dont les traces demeurent
Dans le souffle du vent
Que fais-tu le temps
Quand tu suspends l’envol
D’un corps qui décolle
En marquant la seconde
Où le bonheur abonde
Et l’on croit arrêter
Ton aiguille sacrée
Que fais-tu le temps
Quand l’attente est si terne
Que l’œil se cerne
D’un nuage gris
Dont la larme est le cri
Et que le cœur se pend
Que fais-tu le temps
Quand la lèvre sourit
Et retrouve l’envie
De mordre dans le pain
Qui lèvera demain
Que fais-tu le temps
Jamais rien tu ne ramasses
Non … indifférent tu passes.
16 mars 2009
Elle danse
Elle danse pour s'exprimer
Les mots sont trop sérieux
Le geste est plus léger
Son corps le comprend mieux
Elle danse pour s'envoler
Car la vie est statique
Les pas y sont figés
Les lendemains sceptiques
Elle attrape le temps
Dans ses bras arrondis
Elle enfourche le vent
D'un saut dans l'infini
Frappe dans sa colère
D'un coup de pied amer
Le sol qui s'éparpille
Comme un sac de billes
Entame une arabesque
C'est un salut où presque
Qu'elle adresse à la vie
Et son regard s'enfuit
Elle n'est plus là
A peine une présence
Ne la dérangez pas
Elle danse ...
07 mars 2009
Comme un feu de printemps
Une petite explication concernant ce texte (et les autres), une pensée traverse mon esprit et les mots me viennent, ce n'est pas pour cela que je suis triste, malheureuse ou mal dans ma peau. On m'a dit une fois "d'écrire plus gai" j'en reste encore étonnée et Maryse aussi. Je ne choisis pas mes pensées ni mes mots ce n'est pas ma façon d'écrire, mes réflexions touchent tous les domaines, mes sensations aussi et les mots suivent ... l'espace d'un instant.
__________________________________
Je t'attends sous le vent
Heure incommensurable
Comme un feu de printemps
Etouffé par le sable
Je garde haut la tête
Mon oeil failliera point
Les paroles des prophètes
Qui raisonnent au loin
N'ouvrent que ma pensée
Ma raison reste ferme
Mes rêves insensés
N'auront jamais de termes
Car ma vie chaotique
Lentement se poursuit
Règle d'arithmétique
Où les nombres se fuient
Où les années qui passent
Se meuvent en désordre
Les journées se prélassent
Mon coeur seul donne des ordres
Je t'attends sous le vent
Heure du jugement dernier
Marquant la fin d'un temps
D'une vie qui s'assied
J'aurai fait de mon mieux
Sachant qu'en tout domaine
Sous le regard des cieux
L'erreur reste humaine
Que les moments passés
A égrener les ans
Se seront consumés
Comme un feu de printemps
22 février 2009
Le rien et puis l’extrême
Je regarde mes yeux
Ils disent merveilleux
Souffle du temps
Souvenirs d’antan
A l’ombre des parents
Sur un chemin dansant
Puis un nuage, à peine
L'orage se déchaîne
La jeunesse l'entraîne
Le cœur est son domaine
Il se blesse et mûrit
Quand au creux de son lit
S’endort l’enfant joli
La source n'est pas tarie
Car de son milieu coule
La sagesse qui s'enroule
Et l'adulte en découle.
Je regarde mon corps
Qui me sert de décor
D'autres ont quittés ce port
Sont partis vers la mort Je les ai salués
Je les ai tant aimés
Ils m’ont aussi laissé
Par endroit écorchée
En un vibrant hommage
J’ai conservé en gage
La couleur des images
Pour camoufler ma rage
Je regarde mes joies
Qui arpentent à grands pas
Le plancher des émois
Et s’éloignent déjà
Curieuse farandole
Un peu triste, un peu folle
Quand mon âme s’envole
Que mes espoirs décollent
Je regarde ma vie
Si vide et si remplie
Mais qui n'est pas finie
Une guerrière en sursis,
Parfois si fatiguée
Mais pas découragée
Mon cœur est en sommeil
Mais mon cerveau lui veille.
Et moi face à moi-même
Le rien et puis l'extrême
18 février 2009
Lettre à personne
Si tu savais comme j’ai rêvé parfois, à sortir de ma vie à flotter sur mon moi, j’en avais le corps raidi et des crampes au ventre tellement c’était fort, tellement c’était moi vivante là-haut.
J’en ai ris et pleuré tu sais à voir mon monde valser, c’est comme un défilé par jour de grande parade, un bal costumé ou l’on se cache pour mieux se montrer tel que l’on est, sans honte et sans peur, sans cris et sans douleur … puis j’entendais la musique, celle que j’inventais, que ma tête jouait, ça tournait et je riais tu sais … tu sais … non tu sais pas, c’est mon jardin à moi.
Il y a aussi des coins sombres que je pars explorer, des tunnels en pénombre que j’ai pas emprunté, j’irai un jour peut-être … ou peut-être pas, je ne sais pas.
Et je ne suis pas seule, enfin quelquefois, il y a ceux que j’aime en rencontre d’émoi, ils sont là pour moi…pour moi et par moi, ça je le sais.
Si tu savais comme j’ai rêvé parfois, à sentir sur ma peau des souffles chauds, des baisers et des caresses… venaient-elles de moi, je ne sais pas, mais je les sentais, elles vibraient et j’aimais ça tu sais.
Bon je te laisse, je ne peux tout te dire tu ne comprendrais pas, mes rêves sont à moi … mais toi … tu rêves aussi parfois ? aussi fort que moi ? … ça je le saurai pas.
12 février 2009
Je jette au vent
A quoi bon tant de larmes
A quoi bon tant de drames
A quoi sert de pleurer
Ou de se lamenter
Ce n’est pas ma nature
Moi je jette au vent
Toutes les ondes obscures
Pour aller droit devant
Attraper l’arc en ciel
M’accrocher aux nuages
Aux aubes couleur de miel
Je ne veux pas trembler
Sous l’ombre d’une pensée
Moi je préfère rêver
Sous le ciel étoilé
Ou courir sous l’orage
La vie qu‘on m’a donné
Je la veux passionnée
Je veux pouvoir aller
Au bout de mes excès
Que les vagues emportent
Au large mes regrets
Que l’univers m’apporte
Un peu de ses secrets
Je veux semer des fleurs
Autour de moi
M’enivrer des odeurs
De mes émois
Car la vie est sacrée
Cela je le sais
Je veux donc l’aimer
La boire comme du lait
Pour me désaltérer de ses promesses
La respecter comme une messe
Je souffle sur mes tourments
Pour qu’ils s’envolent
Les offres au roi du temps
Comme une obole
Mais je veux conserver
Mes rayons d‘or
Les déposer comme un trésor
Dans le coffret de mon passé
Que parfois je viendrais ouvrir
Simplement avec un sourire.
06 février 2009
Mais qui sommes nous donc
Mais qui sommes nous donc
Dans nos nombreux tourments
A vouloir sans arrêt diriger le vent
La vague qui s’achève
Se brisant sur la grève
Nous apprend chaque jour
Que tout est un retour
Et que le jour qui fuit
Laissant place à la nuit
Revient nous éclairer
De son ciel bleuté
Les saisons recommencent
C’est une simple cadence
La mort happe la vie
Qui revient dans un cri
Et les coeurs se promènent
Battements qui vont qui viennent
Chaque chose à son parcours
De la haine à l’amour
Et nous voulons défaire
Le mouvement de la terre
Mais qui sommes nous donc
31 janvier 2009
Vieillir
Que me reste-t'il du droit de vieillir
Je le demande, je le réclame
Avoir des rides provoque un blâme
Un double menton des rires
Mais que leur bêtise les emporte
Toutes ces femmes qui m'insupportent
Et si moi je trouvais ça beau
Un visage qui se fane doucement
C'est la vie qui laisse en dépôt
Quelques traces de tourments
Voilà oui j'ai vécu, j'ai aimé
J'ai même pleuré vous le voyez
C'est un dessin comme un trophée
Que les années ont gravé
Cela veut dire je suis vivante
Je ne suis pas une poupée
Ma peau halète comme une amante
Car je ne l'ai pas faite tirer
J'ai encore mon regard profond
Et des paupières qui savent vibrer
C'est mieux que deux yeux ronds
Qui ont du mal à se cligner
Je sais qu'on m'aime pour ce je suis
Car je ne suis pas une image
Je suis devenue un appui
Le temps m'a rendue sage
Les hommes ? mais ils m'aiment aussi
Car je suis femme entièrement
D'ailleurs ensemble on rit souvent
Des vieilles-jeunes qui se croient jolies
Alors par pitié arrêtez
De croire que la beauté fait tout
N'avez vous donc pas pensé
Que vous avez d'autres atouts
Que si la jeunesse est passée
La connaissance l'a remplacée
26 janvier 2009
Quelque part
Quelque part les mots relient
Les tiens, les miens restent enlacés
Bien que cachés, presque oubliés
Ils se croisèrent et se toisèrent
Se répondirent et se sourirent
Quelque part les mots protègent
D'un néant qui nous guette
Perdus dans les oubliettes
Ils restent là comme prisonniers
Des souterrains d'éternité
Quelque part les mots attendent
Posés sans impatience
Dénudés sans indécence
Ils sont sans vie car sans écho
Un autre temps les a figés
Quelque part les mots s'endorment
Dans un sommeil partagé
Entre comas et sérénité
Ils frémissent seulement parfois
Quand on les frôlent du bout des doigts
23 janvier 2009
Le vent m'a dit
Un ancien poème que je pose ici, car un soir en écoutant le vent
j'ai cru entendre ...
______________________________
Le vent m’a dit en confidence
Qu’il avait vu les blés pleurer
Sous la faux acérée
Le vent m’a dit en confidence
Qu’il avait vu les arbres prier
Sous l’éclair de l’été
Et les ruisseaux trembler
Pendant l’hiver gelé
Mais il m’a dit aussi
Que les pierres racontaient
Entre elles leur passé
Que les fleurs écoutaient
Les herbes chanter
Sous un soleil ravi
Le vent m’a dit en confidence
Que la terre aspirait
Le souffle de la nuit
Et qu’elle s’imprégnait
Du moindre bruit
Le vent m’a dit en confidence
Que quand il s’endormait
Les nuages dansaient.
18 janvier 2009
Je pense
Tout garder
Ou partager
Telle est la question
Je pense ... donc j'écris
Des mots amis
Des sensations
Des bouts de vie
Comme une série
Des mots d'amour
Qui pèsent lourd
Des rêves d'espoir
Des sentiers noirs
Que je poste
A qui veux lire
Pour une riposte
A mes délires
Et échanger
Puis m'éclairer
D'autres pensées posées ici
Je pense ... donc j'écris.
14 janvier 2009
Ensemble
Ensemble tisser l’heure
D’un demain de tendresse
L’espoir au bord du cœur
Sans aucune promesse
Simplement des regards
Qui disent je comprends
Laisser faire le hasard
Sur les mots hésitants
Ensemble peindre l’ailleurs
Des rêves décoiffés
En puiser le meilleur
Le laisser se poser
Dans le creux de nos mains
En refermant les doigts
Sur de nouveaux matins
Qu'ombrent seulement les toits
Ensemble prendre la route
En sautant les cailloux
Et puis dompter le doute
Le mettre à nos genoux
Caressant les saisons
Dans le sens des nuages
Construire une maison
Comme on part en voyage.
31 décembre 2008
Histoire d'années
L'année se meurt
Haut les cœurs
Tuons la peur
Dans nos verres de liqueur
Car la vie demeure
Mais l'année se meurt
Chassons donc cette rancœur
En espérant des heures
Traversées de bonheur
Pour la nouvelle année
Qui vient de germer
L'on pourra ressemer
Nos vieux espoirs fanés
Faire semblant d'y croire
Dans l'effusion d'un soir
Alors rions, trinquons
Mangeons à profusion
Échangeons donc nos vœux
Dans un sourire heureux
Haut les cœurs
L'année se meurt
Mais la nouvelle année
Commence par un baiser
25 décembre 2008
Et lasse
Et lasse, je me pose
Pour regarder un ciel
Que le vent décompose
En coulures de miel
J'y cherche des visages
Ou des signes cachés
Le dessin d'un présage
Que j'aurai inventé
Car il est bon de croire
En ses espoirs profonds
Et d'en faire un miroir
Où dedans se confond
Rêve et réalité
Mais lasse, je m'endors
En laissant mes pensées
Aller jouer dehors
Hélas !
22 décembre 2008
Regarde
Et si ton cœur soupire en repensant l’hier
Regarde les étoiles à la nuit première
Elles te joueront le chant de l’éternité
Où les souffles de vie pour toujours sont gravés
Elles brilleront tes yeux et souriront ta face
Te diront dans le ciel jamais rien ne s’efface
Et tout ce qui est toi peut continuer
Car la branche d’une âme ne cesse de germer
Regarde encore plus loin tu es l’immensité
Si tu ne crois en rien crois donc en tes idées
Abreuves en ton corps il est un tabernacle
Où un simple effort accouche du miracle
N’attends pas mes rayons viens ici les cueillir
Et couronnes en ta tête avant de mourir.
16 décembre 2008
Passant par là
Passant par là …
J’ai posée ma main sur l’arbre qui tremblait
Je lui ai dit raconte, dis moi tout s’il te plait
Il m’a parlé d’un monde où les corps en sueur
Lourdement s’appuyaient oubliant la douleur
Il m’a parlé d’un temps où les enfants d’avant
Autour de lui tournaient en riant, en dansant
Il m’a parlé des corps tendrement enlacés
A l’ombre de ses feuilles se laissant caresser
Passant par là …
Puis j'ai posé ma tête contre son tronc rugueux
J'ai entendu des voix, et des cris malheureux
Des balles qui siffaient en cassant quelques branches
Des femmes qui hurlaient en se tenant les hanches
Des bombes qui tombaient en creusant dans les prés
Des hommes apeurés qui venaient se cacher
Derrière l'arbre immobile qui prenant l'air de rien
Disait ne bouge plus l'ennemi ne verra rien
Passant par là ...
J'ai caressé l'écorce par endroit éclatée
Au creux duquel des noms étaient resté gravés
J'ai vu avec tendresse le coeur dessiné
Et sur ma joue soudain une larme a coulée
13 décembre 2008
C'est pourtant vrai
C'est pourtant vrai
Que l'onde coule sans s'arrêter
Sur un chemin d'éternité
C'est pourtant vrai
Que l'arbre qui nous épie
Tire sur ses branches sans répit
Et que l'oiseau s'envole
Sans que le nuage s'affole
C'est pourtant vrai
Que le temps qui s'enfuit
Ne dort jamais la nuit
Que toujours repousse la rose
Même si le ciel se décompose
C'est pourtant vrai
Que l'homme connait la peur
Sans que son espoir ne meure
Que les rêves au clair de lune
Creusent des chemins de fortune
C'est pourtant vrai
Que la force de nos pensées
Fait redresser les têtes baissées
Que la vie n'est qu'une ronde
Et qu'on appelle cela "un monde"
C'est pourtant vrai...






